La phytothérapie: un retour à la nature ?

Par Dr François-André Allaert le 23 mai 2009

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Hélène Roy, pharmacien, présente les principes de la phytothérapie.

 

La phytothérapie connaît un regain d’intérêt, est-ce un retour à la nature ?


De tout temps, l’homme a cherché dans son environnement de quoi se nourrir et de quoi se soigner. L’ennuyeux avec les plantes, du point de vue de l’apothicaire, c’est qu’elles ne poussent ni partout, ni en toutes saisons.

 

Il a donc bien fallu imaginer des moyens de les conserver : séchage, extraction par l’huile ou par l’alcool pour en faire des teintures, distillation des essences… afin d’avoir toujours sous la main de quoi fabriquer les remèdes.

 

Avec sa curiosité innée, l’homme a cherché à savoir comment les plantes agissaient et il en a extrait les substances les plus actives qu’il a ensuite utilisées seules avec des dosages très précis. Puis il les a modifiées chimiquement. Ainsi à partir de l’opium, on a extrait la morphine qui sera modifiée en héroïne. Mais là, je dévie, il ne s’agit plus de thérapeutique !

 

Dans la médecine moderne, une grande majorité de remèdes est directement issue des plantes : la plupart des veinotoniques par exemple ou de nombreux antibiotiques qui proviennent de moisissures. Les plantes n’ont pas fini de nous révéler une infinie variété de substances avec des effets thérapeutiques performants.

 

 

Mais l’idée de transformations chimiques effraie. Ne vaut-il pas mieux utiliser les éléments les plus naturels possibles ?

 

On peut prendre le cas de l’aspirine. Au départ, on utilisait le saule, Salix en latin, puis on a en extrait l’acide salicylique. Lorsque l’on sait que cet acide est toujours utilisé dans des pommades ou des solutions destinées à brûler les cors ou les verrues, on imagine facilement les ravages que faisait ce produit sur l’estomac d’un malade à qui on en administrait pour soulager ses douleurs. Le fait d’avoir modifié légèrement la structure chimique en l’acétylant, a permis d’obtenir l’aspirine, un médicament beaucoup moins agressif pour le système digestif et de très haute performance thérapeutique.

 

 

Des plantes telles que l’aubépine ou la valériane sont couramment utilisées.  Pourquoi les préférer à des principes actifs isolés ?

 

Il ne viendrait à l’idée à personne, en Bourgogne, de proposer de l’éthanol pur sur une table à la place d’un bon vin. Ce qui va faire la qualité d’un cru, ce seront les arômes, les tanins… On se rend compte aujourd’hui que les différents composants d’une plante agissent parfois ensemble mieux qu’un principe actif seul.

 

Mais ce qui est important, c’est d’avoir des produits de qualité. Il ne faut pas se tromper de variété de plante : on n’utilise pas les mêmes cépages pour la vinification ou pour le raisin de table. De même, si on parle de Camomille par exemple, on pourra utiliser de la Camomille romaine (très amère) ou de la Camomille matricaire pour soigner des troubles digestifs, mais pour obtenir des nuances blondes dans les cheveux, c’est la matricaire qui s’impose.

 

De même, le procédé d’extraction doit être optimal. On ne procède pas de la même façon pour obtenir un jus de raisin, du vin, ou du vinaigre. Aujourd’hui, on utilise souvent des nébulisats de plantes qui les débarrassent de substances inertes inutiles.

 

 

Donc on peut utiliser la phytothérapie dans les petits maux du quotidien ?


La médecine classique et la phytothérapie ne s’opposent pas. On peut préférer une approche phytothérapeutique pour des difficultés passagères pour lesquelles il y a des remèdes traditionnels efficaces et sans danger : troubles digestifs, nervosité, jambes lourdes, affections respiratoires bénignes… Une approche de soins idéale est toujours de donner le bon remède à la bonne dose à la bonne personne au bon moment !

 

[version parlée de cet article : voix des questions : Christian Guillermet ; voix des réponses : Fabienne Cautain ; montage : Christian Guillermet]

 


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