Compliquée l’homéopathie ?

Par Yann Lecomte le 23 mai 2009

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Hélène Roy, pharmacienne, explique comment se soigner par homéopathie.

 

Comment soigne-t-on par homéopathie ? Un rhume par exemple ?

 

 

L’homéopathie consiste à délivrer, sous une forme très diluée, un remède qui, à forte dose, provoque chez un homme sain, les symptômes dont souffre le malade. C’est ce qu’on appelle le principe de similitude.

 

Donc, dans notre exemple, ce n’est pas le diagnostic de rhume qui nous intéresse, mais les symptômes que l’on va traiter. En phase de début, on donnera de l’Aconit, après un froid vif, lorsque le nez est bouché. Si, au contraire, le nez coule, on préférera Alium cepa si l’écoulement est corrosif et provoque des rougeurs près des narines, ou Euphrasia si l’écoulement est doux avec des larmes corrosives. En phase d’état, Nux vomica conviendra si le nez coule la journée et est bouché la nuit, Kalium bichromicum s’il coule la journée en donnant des croûtes dans le nez et Pulsatilla lorsque l’écoulement est jaune, épais, mais pas irritant et que l’état du malade est amélioré par l’air frais.

 

 

Alors c’est compliqué ?

 

Je voulais vous faire comprendre que la démarche n’est pas celle de la médecine classique : une maladie, un médicament contre la maladie. Encore un exemple : Apis melifica, l’abeille. On sait qu’une piqûre d’abeille va provoquer une douleur, un gonflement et une sensation de chaleur au point d’impact, une irritation, une rougeur et des démangeaisons. On utilisera donc Apis non seulement en cas de piqûre d’insecte, mais également dans des dermatoses, dans des rhumatismes avec oedème et sensation de brûlure, ou encore dans une angine lorsque la luette est

bien gonflée.

 

En homéopathie, on cherche le remède correspondant au maximum de symptômes. Plus la correspondance est forte, plus on augmente la dilution utilisée.

 

C’est là que les détracteurs de l’homéopathie ne sont pas d’accord avec cette thérapeutique. Lorsque l’on a dilué et dilué encore, il ne reste plus, dans la solution obtenue, aucune trace de la substance de départ. Comment cela peut-il agir ?

 

 

Et pourtant, de nombreuses personnes utilisent l’homéopathie…

 

Beaucoup de patients souhaitent que le médecin prenne le temps de les examiner et les regarde comme une personne. Pas seulement voir une oreille qui a mal ou quelques boutons sur un thorax.

 

La consultation d’un homéopathe est plus longue que celle d’un généraliste allopathe et doit permettre au patient de bien expliquer ses difficultés. Cette démarche se comprend parfaitement face à une approche parfois trop technique et surtout trop rapide de la médecine.

 

 

Les patients veulent peut-être aussi éviter d’avoir recours à la chimie et préfèrent des remèdes plus doux en particulier issus du monde végétal ?

 

On pourrait dire au contraire que plus un poison est violent, plus le remède à des chances d’être efficace. J’ai parlé d’Apis, l’abeille. Une piqûre d’abeille, ce n’est pas quelque chose de particulièrement doux et agréable ! En fait, l’homéopathie puise ses remèdes aussi bien parmi les végétaux (Alium cepa est extrait du bulbe d’oignon) que dans le règne animal ou minéral (Natrum muriaticum par exemple est le sel de mer). Mais c’est le principe de similitude ainsi que l’utilisation des hautes dilutions qui la définit et l’oppose à la phytothérapie.

 

[version parlée de cet article : voix des questions : Christian Guillermet ; voix des réponses : Fabienne Cautain ; montage : Christian Guillermet]

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