Naissances et fécondité : les chiffres en France et en Bourgogne

Par Arthur Deballon le 4 juin 2011

L’ORS Bourgogne (Observatoire Régional de la santé) nous livre les derniers chiffres officiels en France mais surtout en Bourgogne.

En 2006, on a dénombré 831 000 naissances en France contre 808 000 en 2005. Ce nombre de naissances est le plus élevé depuis 1981. L’indice conjoncturel de fécondité est estimé à 2,00 enfants par femme en 2006. Cet indice est le plus élevé depuis 1974, année à partir de laquelle il a diminué pour atteindre un minimum en 1993 (1,68 enfant par femme). Puis, il a augmenté lentement jusqu’en 1999 (1,81) et fortement en 2000 (1,89). Il est ensuite resté stable entre 2000 et 2005.

Il faut toutefois rappeler que l’indice conjoncturel ne reflète pas exactement la réalité de la fécondité. En effet, lorsque l’âge moyen à la maternité augmente, les femmes ont plus d’enfants à la fin de leur vie féconde que ne le laisse apparaître l’indice conjoncturel de fécondité. Les femmes nées en 1956, par exemple, avaient en moyenne 2,14 enfants à l’âge de 50 ans alors que pendant toute la durée de leur vie féconde, de 1971 à 2006, l’indice conjoncturel de fécondité moyen en France métropolitaine était égal à 1,88. L’âge des mères à la naissance de leur enfant est un facteur important de leur santé et de celle de leur(s) enfant(s).

En effet, les naissances intervenant à l’adolescence (0,6 % de naissances de mères mineures dans l’ensemble des naissances en France en 2006) entraînent souvent une précarisation de la mère et de son enfant, ainsi qu’une augmentation des risques de mortalité infantile, de nouveau nés de faible poids et de naissances prématurées. A l’opposé, pour les mères les plus âgées (3 % de naissances de mères de 40 ans ou plus en 2006) certains risques de pathologies pour elles et leur enfant s’ajoutent à celui plus élevé de césarienne. Les pratiques obstétricales évoluent encore : développement de l’anesthésie péridurale, augmentation du nombre de césariennes, dont la proportion, par rapport à l’ensemble des accouchements, est passée de 15,9 % en 1995 à 19,6 % en 2005.

Or, selon les recommandations de l’OMS, le taux de césariennes devrait être compris entre 5 et 15 %. Parallèlement, les techniques de diagnostic anténatal sont de plus en plus précises, la prise en charge de la stérilité s’est développée, notamment l’assistance médicale à la procréation. Le développement de ces techniques pose un certain nombre de problèmes ; la loi du 29 juillet 1994 concernant la bioéthique donne un cadrage à certains d’entre eux.


La situation en Bourgogne

En 2008, on a dénombré 17 914 naissances domiciliées en Bourgogne. Au cours des vingt dernières années, le nombre de naissances a fortement diminué dans la région jusqu’en 1993, où il a été le plus bas (17 461). Après un pic de naissances en 2000 (18 579), le nombre de naissances se maintient autour de 18 000 par an. Les naissances enregistrées en Bourgogne (y compris de mères domiciliées dans d’autres régions), sont un peu plus nombreuses que les naissances domiciliées (18 254 contre 17 914 en 2008).

Sur la période 2003-2007, l’indice conjoncturel de fécondité (1,8 enfant par femme) est un inférieur à la moyenne nationale (1,9). En 2007, à l’intérieur de la région, l’indice est le plus élevé dans les départements de Saône-et-Loire et de l’Yonne (2,0 et 2,1) où il est supérieur à la moyenne nationale depuis 1981. Près des deux tiers des mères bourguignonnes d’enfants nés en 2008 ont entre 25 et 34 ans (64 %). Au cours des deux dernières décennies, le taux de fécondité des jeunes femmes 15-24 ans a diminué de moitié entre 1983 à 2003. Il a, en revanche, augmenté chez les plus âgées, et plus particulièrement celui des femmes de 30-39 ans. Le taux de fécondité des 30-34 ans est passé de 62 à 102 et celui des 35-39 ans de 21 à 40 pour 1 000 femmes entre 1983 et 2003.

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