Ces maladies liées au tabagisme

Par Dr François-André Allaert le 5 novembre 2016

Le tabac tue, c’est marqué sur les boîtes et nul doute que cela est vrai.

Chaque année, un grand nombre de personnes paient un lourd tribut à cette addiction sous forme notamment du cancer du poumon ou de l’infarctus. Mais le tabac affecte la santé humaine de bien d’autres manières à coté des cancers du fumeur et des maladies cardiaques. Le tabac est fortement responsable de la survenue du  cancer de la gorge, de la langue, de l’œsophage mais aussi de la vessie. Il est également responsable des bronchopneumopathies chroniques qui réduisent le souffle, encombrent les bronches et font tousser en permanence. Il contribue à obstruer les artères périphériques et est à l’origine de l’artérite des membres inférieurs qui peu à peu empêche de marcher et conduit à l’amputation.

Ce qu’il fait au niveau des artères des jambes, il le fait également au niveau des artères qui irriguent la verge et est à l’origine de très nombreuses impuissances sexuelles survenant précocement. Est-ce la nicotine qui est à l’origine de tous ces maux ? Non, ce sont tous les goudrons qui composent la fumée de tabac et du papier qui l’entoure, sans parler de tous les exhausteurs d’arôme voire les aromatisants qui lui sont ajoutés. La nicotine est par contre à l’origine de l’addiction en activant les récepteurs « mu »  du système dopaminergique et sérotoninergique et qui gouvernent notre sensation de plaisir dans notre cerveau. Une fois activés, ces récepteurs réclament en permanence leur excitation. La cigarette « plaisir » devient alors la cigarette « récompense », celle qui est fumée après chaque tâche accomplie qu’elle soit la réalisation d’un travail, d’un loisir ou même d’un acte sexuel, pour devenir ensuite la cigarette addictive où la dernière fumée sert à allumer la prochaine. Ce  n’est plus alors le plaisir qui gouverne le fait de fumer mais la peur du manque éprouvé au niveau de nos récepteurs nicotiniques et qui conditionne alors nos comportements.

A cette dépendance physiologique, s’ajoute également une dépendance gestuelle et comme pour l’alcoolisme, une dépendance sociale. Le partage de la cigarette pendant la pause professionnelle ou sur les trottoirs devant les bars constitue des moments vécus comme privilégiés d’intimité et de sympathie et dont le fait d’arrêter de fumer vous exclu. Chez un certain nombre de personnes, cette dépendance sociale est tout aussi forte que la dépendance physiologique et elle va s’opposer à toutes velléités d’arrêter de fumer. A l’inverse s’arrêter de fumer en groupe, ou du moins en couple quand tel est le cas, pourrait constituer une dynamique positive en faveur du sevrage.

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