Louis Léopold Ollier (1830-1900) : père de la chirurgie orthopédique et réparatrice et de la chirurgie expérimentale.

Par Eric Françonnet le 4 mars 2014

Louis Léopold Ollier (1830-1900) est considéré comme le véritable créateur de la chirurgie orthopédique moderne. Il fut parmi les premiers à utiliser de façon optimale la méthode expérimentale comme assise de la chirurgie.

Louis Léopold Ollier, fils et petit-fils de médecins, embrasse lui aussi la carrière médicale d’abord à Montpellier (où il passe sa thèse de doctorat en 1856) puis à Lyon, où il a pour maître de chirurgie osseuse Amédée Bonnet, l’un des deux grands noms à retenir en la matière au 19ème siècle. Ses premiers pas concernant essentiellement les greffes osseuses sont ceux d’un chirurgien ambitieux dont la consécration arrive avec, suite à une deuxième tentative heureuse, l’obtention du poste très convoité de chirurgien-major du Grand Hôtel-Dieu de Lyon. Ollier, avec une excellente formation de chirurgie générale, spécialise entièrement un service à l’Hôtel-Dieu prenant en charge la chirurgie osseuse et des parties molles (muscles et peau) : il assoit ainsi sa notoriété de véritable créateur de la chirurgie orthopédique. Il s’est tourné délibérément vers la spécialisation de chirurgie osseuse en prenant soin d’un éventail très large de la population (enfants et adultes). La guerre franco-prussienne de 1870 permet à Ollier d’exercer son art chirurgical sur des pathologies spécifiques aux temps de guerre, plaies par balles ou armes blanches. Ollier abandonne l’amputation systématique pour tenter des résections sous-périostées. Des opérés conservent leur membre et leur mobilité. La chirurgie conservatrice  se voit ainsi confortée. Nommé professeur de clinique chirurgicale à la faculté de médecine de Lyon dès sa création, en 1877, il poursuit ses activités dans son service de chirurgie osseuse du Grand Hôtel-Dieu jusqu’en 1900. L’Œuvre d’Ollier est indissociable de l’expérimentation animale. Il s’inscrit dans les pas de Claude Bernard. Il observe dans les années 1860 sur des animaux que l’os fracturé se consolide de lui-même et que le périoste (fine enveloppe entourant l’os) joue dans ce miracle scientifique un rôle primordial. Voyons maintenant plus spécifiquement ce qu’Ollier a apporté à l’humanité

La chirurgie ostéo-articulaire concernant l’être humain prend diverses formes.

L’ostéosynthèse qui regroupe l’ensemble des procédés qui permettent de traiter des fractures ou des problèmes d’ordre mécanique sur le squelette à l’aide de vis, de plaques, de clous, de tiges etc. placés en interne, à même l’os ou en externe à l’aide de fixateurs externes. Attention à bien distinguer l’ostéosynthèse de l’orthopédie (qui vise à corriger les affections congénitales ou acquises des os, articulations, muscles, tendons et ligaments). Ollier excellera dans ces deux domaines non sans audace mais toujours avec  panache. Au cours de sa vie, Ollier a réalisé huit cent vingt-sept résections : à l’épaule, au coude, à la hanche ou tibio-tarsiennes. Ollier recueille un millier de  dossiers précieusement détaillés. Tous les documents opératoires, expérimentaux, radiologiques et photographiques sont archivés avec soin . Au soir de sa vie, à l’aurore de la radiographie, il estime que « la radio permet de faire une autopsie sur le vivant ! ». Ollier apporte aussi une contribution magistrale à la muséologie en ayant conservé des pièces expérimentales et humaines sous forme de petits tableaux ou dans des bocaux. Il laisse à ses nombreux successeurs le « Traité des Résections », œuvre en trois tomes rédigée pendant près de 20 ans. Ce « Traité » reprend l’ensemble de ses de ses percées  en chirurgie ostéo-articulaire conservatrice et mobilisatrice. Les importances de la croissance osseuse y sont explicitement avérées.

Le centenaire de sa mort a été célébré par l’inauguration du musée Ollier de chirurgie ostéoarticulaire aux Vans, sa ville natale, ainsi que par la tenue du premier congrès Ollier d’arthroplastie au même endroit (le second s’y est tenu en 2005).

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