Les éthylotests obligatoires vont-ils tenir la route ?

Par Guillaume Varinot le 4 juillet 2012

Depuis Dimanche, il doit vous accompagner partout. « Il » c’est lui, l’éthylotest.

Suite au décret publié au Journal officiel du jeudi 1er mars 2012, tout conducteur de véhicule terrestre à moteur est dans l’obligation d’être en possession d’un éthylotest. Les conducteurs de cyclomoteurs dont la cylindrée dépasse les 50 cm3 sont également concernés. Oui parce que c’est bien connu, on ne peut pas avoir d’accident ou se tuer en scooter (6% des morts et 14% des blessés sur la route l’année dernière, l’alcool étant impliqué dans un accident sur trois).

Ainsi et depuis ce dimanche 1er juillet 2012, un nouveau passager a pris place dans votre voiture. Vous n’en aviez pas besoin car vous ne buvez pas ? Personne ne vous demande votre avis.

Notre nouveau meilleur ami doit en revanche respecter certaines conditions de validité à savoir une date de péremption, une marque de certification ou de conformité entre autre. Mais vous avez aussi le choix. Deux types d’éthylotest s’offrent à vous : le chimique (à utilisation unique) ou l’électronique. Pour faire simple, l’un est à 2 euros, simple, discret, il se cachera parfaitement au fond de votre boite à gant. L’autre, plus racé, est électronique.  Son prix (plus de 100 euros) est réservé à un public averti. Donc pourquoi mettre 100 euros  lorsque l’on peut en mettre 2 ? Plusieures options. Un éthylotest chimique, s’il venait à se fendre, pourrait tacher le revêtement cuir de votre belle « Luxus 3000 ». Seconde hypothèse, vous vous dites qu’à raison de 3 cuites par semaine, l’appareil est rentabilisé en 4 mois.

Attachez-vous bien, en cas de contrôle routier, l’absence de l’éthylotest est sanctionnée par une amende de 11 euros à compter du 1er novembre 2012. Si vous avez bu et que vous prenez la voiture, faites quand même le test, vous économiserez toujours 11 euros.

Plus sérieusement, je salue cette initiative aux multiples objectifs. Si l’on considère que tous les français n’achèteront que des éthylotest bas de gamme à deux euros (oui c’est la crise quand même), sur un parc automobile français estimé à 38 millions de véhicules,  nous en serons à 76 millions d’euros au 1er juillet. Et puis s’ajouteront les défauts d’appareils, les casses, l’obsolescence programmée, les dates de péremption … Bref, de quoi financer les futures dépenses et renflouer les caisses suite à l’échec « 90 millions de doses pour la grippe aviaire ».

Les éthylotests vont-ils atteindre l’objectif officiel à savoir la baisse du nombre de mort sur les routes ? Personne n’en sait rien. Mais pour ma part, je reste convaincu qu’un abruti qui conduisait avec 1,2 gramme dans chaque bras, sera le même abruti qui prendra le volant à 1,8 gramme, mais avec son éthylotest dans la boite à gant …

Ps : un éthylotest chimique n’est pas suffisant, il en faut deux : un pour se tester en cas de doute et l’autre à présenter aux gendarmes en cas de contrôle. (2 x 2euros x 38 millions de voiture = beaucoup d’argent)

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