La contraception d’urgence chez l’adolescente

Par François PILLON le 5 novembre 2010

L’interruption volontaire de grossesse (IVG), légale en France depuis 1975, reste toujours un problème de santé publique, compte tenu du nombre de femmes concernées chaque année (210 000). La part des adolescentes serait évaluée à 5%.

 

Ces chiffres sont inquiétants dans la mesure où une IVG, qu’elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est assortie à des complications tant médico-chirurgicales que psychologiques. 60% des grossesses non désirées se soldent actuellement par une IVG. Les causes en sont multiples : retard dans la prise d’une nouvelle plaquette, oublis de pilules,…

 

Seulement une femme sur 10 à recours a une pilule du lendemain. Nous disposons depuis 10 ans de la classique pilule du lendemain et depuis 2009 de la fameuse pilule du surlendemain….L’objectif de cette contraception d’urgence est d’empêcher l’implantation de l’oeuf au niveau de l’utérus.

Qu’est ce que la pilule du lendemain ?
La « pilule du lendemain » doit être prise dans un délai qui doit être obligatoirement inférieur à 72 heures après le rapport supposé fécondant non ou mal protégé. La contraception médicamenteuse d’urgence n’est efficace que sur le rapport sexuel non protégé précédent et ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles.
Elle peut être prescrite par un médecin, délivré gratuitement par un pharmacien ou une infirmière en milieu scolaire.

Les conditions de la délivrance à titre gratuit et anonyme de la contraception d’urgence aux mineures par les pharmaciens d’officine ont été fixées par le décret N° 2002-39 du 9 janvier 2002 ; celui-ci institue la gratuité de cette délivrance pour les mineures, qu’il y ait ou non prescription médicale. Pour que soit respecté l’anonymat, l’article 2 du décret prévoit que la constatation de la minorité repose sur la déclaration de l’intéressée : « la minorité à laquelle est subordonnée la gratuité de la délivrance prévue à l’article L.5134-1 est justifiée par la simple déclaration orale faite au pharmacien par l’intéressée».

La délivrance par le pharmacien est précédée d’un entretien visant à s’assurer que la situation de la personne mineure correspond bien aux critères d’urgence et aux conditions d’utilisation de cette contraception. Il précise en outre que le pharmacien « doit fournir à la mineure une information sur l’accès à une contraception régulière, sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles et sur l’intérêt d’un suivi médical ». Il remet une documentation sur le sujet et les coordonnées du centre de planification ou d’éducation familiale le plus proche.
La pilule du lendemain peut être délivrée par les infirmières scolaires dans les collèges et les lycées ; la délivrance doit être limitée aux situations d’urgence et de détresse. Les parents devront être informés, sauf si la jeune fille s’y oppose. La patiente devra être mise en contact avec un médecin ou un centre de planning familial et suivie psychologiquement.

Un retard de règles de 8 jours après la date prévue (dans 25 % des cas, un retard de règles est observé) doit faire réaliser un test de grossesse et consulter son médecin. La patiente devra obligatoirement consulter à nouveau 3 à 4 semaines plus tard pour vérifier l’absence d’une grossesse évolutive.


Qu’est ce que la pilule du surlendemain ?
La pilule du surlendemain ou encore de rattrapage peut être utilisée jusqu’à 5 jours suivant un rapport sexuel à risque. Elle permet un gain de 48 heures par rapport à la pilule du lendemain. Elle s’oppose aux effets de la progestérone nécessaire au maintien d’une grossesse. Depuis le 21 septembre 2010, la pilule du surlendemain est remboursée par l’assurance maladie à un taux de 65%. Elle nécessite obligatoirement une prescription médicale.

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