L’étiquetage nutritionnel peine à s’afficher

Par Dr François-André Allaert le 21 août 2016

Depuis des mois ce sujet fait polémique : faire figurer sur les aliments des codes de couleurs différentes pour indiquer si les aliments sont bons ou non pour la santé en fonction des quantités de graisses ou de sucres qu’ils contiennent. Un travail important a notamment été accompli dans ce domaine par l’INSERM, mais les industriels de l’agroalimentaire n’en sont pas satisfaits et souhaiteraient que ce projet soit comparé à d’autres systèmes d’étiquetage nutritionnel en vigueur dans d’autre pays de la Communauté Européenne. L’objectif de cet étiquetage est tout à fait louable pour lutter notamment contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires qui découlent de la surconsommation de sucres et de graisses. Le danger est la stigmatisation de certains produits alimentaires comme « mauvais ». Le beurre par exemple n’est pas « mauvais » mais effectivement il est riche en graisses et donc il faut modérer sa consommation. Le système préconisé actuellement porte un jugement global sur le produit intégrant tout à la fois les graisses, les sucres, le sel, les calories. L’avantage c’est que c’est simple, l’inconvénient est que pour certains produits c’est assez arbitraire. L’enjeu ne devrait pas être de dire ce qui est bon ou mauvais mais de fournir aux personnes les éléments leur permettant de faire des choix d’achats alimentaires en toute connaissance de cause. C’est l’enjeu d’une politique de santé publique démocratique : informer et éduquer les personnes pour qu’elles puissent exercer leur libre arbitre.

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