Devrons-nous payer si on suit mal un traitement ?

Par Dr François-André Allaert le 18 novembre 2012

Sincèrement on n’en est pas encore là, bien que ce genre d’idée vienne parfois à l’esprit des décideurs, et  dans certains pays on pénalise déjà ceux qui ne respectent pas les conseils d’hygiène de vie comme de ne pas fumer. L’interrogation est formulée par le Collectif Interassociatif Sur la Santé national qui s’inquiète de certains aspects des programmes d’accompagnement des patients mis en œuvre par l’assurance maladie pour améliorer l’observance des traitements par les patients.

Cette démarche d’accompagnement qui est tout à fait louable ne saurait être remise en cause et un décret du Conseil d’Etat vient d’autoriser l’Assurance Maladie à tenir un fichier des patients qui participent à ces programmes d’éducation. Ce décret indique bien que « le consentement exprès de l’assuré est nécessaire pour son adhésion au programme » et qu’il peut « à tout moment » s’en retirer « sans avoir à présenter de justification ». Par contre, malgré les demandes de la Commission Informatique et Libertés et des associations de patients, le décret n’a pas précisé que « ces programmes ne sont pas opposables au malade et ne peuvent conditionner le taux de remboursement de ses actes et des médicaments afférents à sa maladie ».

C’est bien sûr faire un peu un procès d’intention que d’imaginer qu’un jour il puisse en être ainsi, mais dans ce domaine où l’on est à l’affut des moindres économies, il est peut être utile de prévenir à l’avance toute tentation, toute dérive. Sinon les patients risquent de s’engager moins facilement dans un processus qui leur est bénéfique mais dont ils pourraient craindre des effets secondaires sur le plan financier s’ils ne sont pas assez « obéissants ».

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