Pharmacie et Esthétique

Par Marie-Dominique Serda le 22 juin 2009

Ecouter cet article son-pharmacie-esthetique

Témoignages de Madame Colin, pharmacienne, et de Maryse, responsable de la parapharmacie…



Pharmacie et Esthétique : cela n’est -il pas antinomique ?


Non quand la santé y est reliée. Des médecins font de l’esthétique.
Quand on vient en pharmacie pour acheter un produit cosmétique, c’est qu’il y a au départ un problème de peau.
Ce n’est pas le hasard qui fait rentrer les clients.
De plus en plus de gens sont allergiques et notre travail consiste à les conseiller pour leur sécurité.
Nous avons un rôle sur la santé et la prévention des accidents. Par exemple, nous conseillerons une crème solaire à indice élevé pour une protection contre les mélanomes.

 

Les laboratoires vous fournissent leurs études…


On sait ce qui compose les produits que l’on vend. C’est une sécurité et une garantie que nous offrons à nos clients : nous avons une traçabilité des produits et nous pouvons récupérer un lot qui serait déficient.
Les labos assurent notre formation : tous les salariés de la pharmacie sont formés aux produits qu’ils vendent.
Nous proposons des soins pour le visage et le corps, ainsi que pour le cuir chevelu.
Nous avons aussi du maquillage hypoallergénique.

 

Comment choisissez- vous une marque plutôt qu’une autre ?


C’est la qualité du produit et son prix qui détermine si nous signons un contrat avec un laboratoire. Cela dépend aussi de notre clientèle, du lieu d’implantation de la pharmacie et de son environnement.
Nous avons des produits hypoallergéniques et des produits « bio » avec un vrai label à 100%.
Nous sommes démarchés par les laboratoires mais nous pouvons aussi en solliciter : en effet, nous sommes toujours en « veille », et quand nous entendons parler d’une nouvelle marque dont les clientes sont satisfaites, nous prenons l’initiative de contacter l’entreprise qui fabrique ces produits.
J’ai d’ailleurs, depuis maintenant 30 ans, une responsable du rayon cosmétologie.

Nos clients ne s’y trompent pas, au niveau qualité/prix, nous sommes très bien placées sur le marché. Nous avons en plus notre formation et nos études de pharmacie qui sont un gage de sécurité.

 

Maryse, vous êtes responsable depuis 30 ans du rayon cosmétologie, avez-vous vu une évolution des comportements de vos clients ?


Oui, au début, nous avions 2 marques, puis avec le changement de comportement des consommateurs, nous en avons aujourd’hui une douzaine, chaque marque apportant sa spécificité permettant de fidéliser une plus large clientèle.
Aujourd’hui, un produit ne doit pas seulement être efficace et sûr, il doit aussi être agréable par sa texture et avoir son parfum discret.
Il est devenu un produit « plaisir ».

Nous avons plus de femmes que d’hommes. Nous essayons néanmoins de satisfaire nos clients « hommes » en mettant leurs produits en « libre service ».Si les femmes demandent volontiers des conseils et se confient à nous, les hommes préfèrent encore se débrouiller seuls et rester discrets.
On peut cependant penser que les garçons adolescents qui ont trouvé une réponse à leur problème d’acné, auront le reflexe de venir chez nous.

La demande se porte aujourd’hui vers des produits naturels et « bio ». Les clients sont de plus en plus exigeants et recherchent un résultat immédiat.

 

La pharmacie se conjuguant de plus en plus au féminin, de plus en plus de pharmacies sont exclusivement féminines, cela explique sans doute que le rayon « cosmétiques »soit plus fréquenté par des femmes ?


Les cosmétiques ont toujours été plus utilisés par les femmes, même si des gammes masculines apparaissent. Les hommes n’ont pas encore pris l’habitude de prendre soin de leur peau et de leur apparence. Ils utilisent très peu les « anti-âge »par exemple.

 

Propos recueillis par Marie-Dominique Serda.

Version parlée de cet article : voix des questions : Christian Guillermet ; voix des réponses :  Fabienne Cautain ; montage : Christian Guillermet]



Articles à découvrir...

Commentaires

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • LALLEMENT le 24 juin 2009 à 16:22

    Bonjour
    nous sommes plusieurs amis officinaux pharmaciens, préparateurs et rayonnistes à découvrir ce site et avoir lu notamment votre article
    Nous trouvons qu’il est un petit peu sectaire par rapport à notre clientèle masculine…
    Ces pauvres hommes sont déjà peu nombreux il est vrai à fréquenter certaines officines…mais là après avoir lu l’article ils vont se faire encore plus discrets…dommage car il aurait fallu insister sur le fait que nous ne ne demandions que celà: développer ce secteur qui est quand même en progression depuis quelques années et ce dans les GMS…
    Bonne continuation dans vos publications
    Cordialement
    Anne Lallement

  • Marie Dominique SERDA le 25 juin 2009 à 10:39

    Merci de votre réaction à mon article et de vos encouragements. Loin de moi l’idée d’être sectaire envers les clients Hommes, j’ai tout simplement retranscrit le témoignage de la personne que j’ai interrogée…J’avais d’ailleurs émis l’hypothèse qu’il faudrait aussi des vendeurs « Hommes » aux rayonx parapharmacie.

  • G DRUT-GREVOZ le 9 mai 2010 à 12:27

    Le Centre de formation des Préparateurs en Pharmacie de Talant (21) que je dirige, vient d’obtenir l’agrément pour former les Préparateurs et Pharmaciens au « CQP de dermatologie-cosmétique » … Et non seulement des confrères « hommmes » se sont spontanément portés volontaires pour participer à la commission d’évaluation, mais des préparateurs « hommes » sont inscrits pour se former : En effet, les Messieurs aussi vont pouvoir s’impliquer aux côtés de leurs homologues « femmes » dans le conseil de parapharmacie.
    A votre disposition pour vous exposer le contenu et les apports de cette formation continue pharmaceutique !
    Très cordialement
    G DRUT-GREVOZ