Le perce-oreille perce-t-il vraiment les oreilles?

Par Eric Françonnet le 5 juin 2016

Il est inscrit dans nos gènes culturels que la forme des pinces situées à l’arrière du corps des perce-oreilles, répondant également au nom plus savant de forficules, nous fasse penser à  l’instrument d’usage du bijoutier destiné à percer les oreilles. D’où l’expression connue de tous de perce-oreille pour désigner cet insecte dermaptère polyphage. Mais,qu’en est-il dans la réalité ?

C’est la richesse sémantique de plusieurs langues qui nous incite à détrôner cette idée reçue de son piédestal : ainsi dans d’autres expressions étrangères pour le qualifier, il semble que seul le mot « oreille » soit récurrent, et non le mot « perce », que ce soit en anglais (« earwig »), en allemand (« ohrwurmer »). Il y a même une nuance en français pour le désigner autrement : celle de « pince oreille ». En revanche, il est intéressant de se pencher sur son habitat et lieu de nidation préféré.

Le nom de « perce-oreille » serait plutôt issu de la manie de cet insecte (chatouilleux à notre égard ?) de se réfugier dans des abris plutôt étroits et chauds (vieux murs, écorces, mousse, etc). Nos oreilles seraient craintes comme un abri potentiel : une légende suppute que le perce-oreille y entre pour pondre dans notre cerveau…Enfin, le nom populaire anglais twist-bollock (« tord-couille »), issu du XVIIe siècle, laisse supposer que cet insecte visite également boxers, slips ou caleçons !

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