Le numérus clausus : histoire d’une récession de la démographie médicale

Par Dr François-André Allaert le 4 octobre 2012

C’est au milieu des années 70, que le numérus clausus, c’est-à-dire la fixation d’un nombre maximum d’étudiants en médecine après concours, a été institué. Deux motivations ont présidé à cette stratégie qui n’était guère bonne ou fut du moins mal appliquée. La première était l’inquiétude financière du corps médical car à l’époque, en laissant ouverte les vannes de la production de médecins, on avait pléthore de médecins et ceci menaçait leur activité et par conséquences leurs revenus. La deuxième était le raisonnement économique de l’assurance maladie qui pensait qu’en réduisant l’offre de soins médicaux on allait réduire la demande. Certes, on observait parfois à l’époque quelques déviations mais c’était surtout oublier que la population allait vieillir et consommer de plus en plus de soins.

Résultat de cette stratégie, une diminution drastique du nombre de médecins lorsque la population avançant en âge en a le plus besoin. Aujourd’hui on ouvre à nouveau les portes de la Faculté de Médecine mais avec beaucoup trop de retard car il faut 8 ans pour former un médecin généraliste et 12 ans pour former un spécialiste. Donc ce n’est que dans quelques années que le nombre de médecins commencera à s’accroître de nouveau et nous avons devant nous encore cinq bonnes années de carence.

Par ailleurs certaines spécialités sont de plus en plus délaissées par les étudiants en raison des contraintes de garde qu’elles imposent et des risques professionnels qu’elles comportent et ce n’est pas en obligeant un médecin à faire une spécialité qu’il ne souhaitait pas ou en l’obligeant à s’installer dans une région qu’il n’aime pas qu’on en fera un bon médecin …

 

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