Le courage d’investir dans la prévention…

Par Dr François-André Allaert le 4 septembre 2012

Plus de 60% des patients hypertendus ou ostéoporotiques ne prennent pas leurs traitements régulièrement au-delà de 6 mois alors que le risque de faire un accident vasculaire ou une fracture est majeur.

Ces chiffres doivent nous interroger. Pourquoi alors que nous connaissons le risque n’avons-nous pas le courage de nous investir suffisamment dans sa prévention et devenir véritablement acteur de notre santé.

Deux domaines méritent d’être explorés dans les années à venir : l’un relève des industriels du médicament, l’autre des médecins et des patients.

Du côté des industriels, de gros efforts sont à faire en matière de formulation galénique, c’est-à-dire de présentation du médicament à prendre – comprimés trop gros et difficiles à avaler, prises de médicaments trop nombreuses dans la journée, arômes soit disant séduisants mais dont le goût répété chaque matin finit par lasser, etc.

Ces carences de formulation reflètent le peu d’intérêt porté à la satisfaction du patient jusqu’à présent. On élaborait un produit efficace, donc le patient était sensé le prendre… ERREUR, sauf si la maladie fait mal, un patient mal satisfait de son traitement, même s’il est efficace, arrête de le prendre.

Du côté de la relation avec le patient, l’époque est au dialogue et à l’éducation thérapeutique que ce soit par le médecin et/ou par le pharmacien. Le patient n’accepte plus d’être uniquement « l’objet » de soins aussi zélés et diligents que possible. Il veut être reconnu comme une personne pensante susceptible de participer de manière active à sa prise en charge, d’être acteur de sa santé. Mais ceci nécessite que l’on puisse passer du temps pour expliquer, répondre à ses questions et l’impliquer dans un véritable contrat de soins. L’ère où le médecin ordonnait (d’où le nom d’ordonnance), le pharmacien délivrait et le patient observait passivement est finie. Mais la route est longue encore à parcourir et les résistances sont fortes, tant du côté des soignants qui répondent ne pas avoir le temps d’expliquer que du côté des patients, dont le plus grand nombre se satisfait assez bien de cette situation passive.

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