Ces malades célèbres …

Par Guillaume Varinot et Eric Françonnet le 4 mars 2014

Edith Piaf : « la môme » invalidée par la polyarthrite

Edith Piaf connaît une enfance qui est loin d’être idyllique. Autre souci majeur : « la môme » grandit peu.A l’âge adulte, elle atteint à peine 1,47 m. Ce qui rend d’autant plus magistrale la portée de sa voix.. Pourtant, un fléau l’accable qui finira par prendre le dessus sur sa pugnacité : la polyarthrite rhumatoïde.

Cette maladie s’attaque aux articulations et provoque des douleurs et des déformations. Sa gravité et son évolution sont variables. A cette affection lourde, viennent s’ajouter plusieurs accidents de voiture, qui rendent encore plus vulnérables  son corps. Plusieurs opérations chirurgicales sont nécessaires pour la sauver. Pour se tenir debout, la chanteuse a, pour seul traitement jugé approprié à l’époque, des injections de morphine. Rapidement, la dépendance s‘installe. De plus ce médicament est non seulement une drogue, mais il détruit aussi insidieusement l’organisme. Ce n‘est donc pas une surprise que ce soit un abus de morphine et d’alcool qui emporta Edith Piaf en octobre 1963, à l’âge de 47 ans.

Si Edith Piaf donna toujours l’impression de l’air chanter « avec ses tripes », c’est peut-être justement à cause de toutes les souffrances qu’elle endura imputables tant à ses blessures morales que physiques. »Si je ne chante pas, je meurs » était l‘un de ses adages coutumiers. Comme si,  malgré les piqûres de morphine indispensables avant d‘éblouir le public, cette seule perspective lui permettait de se transcender. Pour preuve ultime de sa volonté de sans cesse se dépasser, il lui est arrivé plusieurs fois de s’écrouler sur scène.

Michel Petrucciani : le petit bonhomme aux doigts d’or

Michel naît en 1962 en France et l’on détecte rapidement chez lui un problème de santé : il montre une croissance défaillante, est chétif, ses os se brisent incroyablement facilement. Le diagnostic est clair : ostéogénèse imparfaite plus connue sous le nom de « maladie des os de verre ». Cette maladie entraîne des fractures nombreuses, une fragilité aux poumons et, dans le cas de Michel Petrucciani, une très petite taille. Seules ses mains s’apparentent à celles d’un adulte, ce qui lui permet donc d’explorer son talent pour le piano.

Son cœur bat pour le jazz et il va réussir à s’y frayer un chemin, surmontant ainsi son handicap, et à être reconnu rapidement  comme un pianiste virtuose. Cependant son ostéogénèse imparfaite lui cause quelques soucis : ses jambes trop petites sont si  éloignées des pédales qu’il lui faut un instrument adapté. Parfois, il est si fragilisé qu’il est nécessaire de le porter jusqu’au piano avant le concert et le ramener dans sa loge à la fin du récital. A 18 ans, déjà célèbre et suscitant aussi bien l’admiration du grand public que la reconnaissance de ses pairs, il part vivre aux Etats-Unis, où il consolidera sa notoriété dans le milieu du jazz.

Le pianiste virtuose finit par s’éteindre en 1999, à l’âge de 36 ans, éreinté et emporté par une infection pulmonaire.

John Fitzgerald Kennedy: miné par la maladie d’Addison

On se souvient aujourd’hui de lui comme du président assassiné au faîte de sa gloire, alors que le monde entier était sous le charme de ce bel américain, moderne et si charismatique. Pourtant, sous ce visage constamment hâlé et ce dynamisme qui s’exprime aussi bien au plan professionnel que personnel, on trouve un homme qui a atrocement souffert, depuis sa plus tendre enfance. Dès sa naissance, John F. Kennedy (JFK) est très fragile : il attrape toutes les infections et maladies qui passent. Il souffre constamment de diarrhées et autres problèmes intestinaux, son dos lui fait déjà très mal.

En 1941, il veut s’engager dans l’armée mais il est déclaré inapte à cause de son dos fragile. Son père intervient et lui permet ainsi de s’enrôler dans l’US navy. Son bateau se fait un jour couper en deux par un ennemi japonais. JFK est blessé au dos mais il parviendra tout de même à sauver et mettre en sécurité plusieurs soldats, ce qui lui vaudra les honneurs.

Quelques années plus tard, alors que le jeune homme est entré en politique et qu’il a fondé une famille, la maladie le rattrape. Il est gravement malade et on finit par diagnostiquer la pathologie dont il souffre : c’est la maladie d’Addison, souvent fatale à l’époque. Ses glandes surrénales fonctionnent mal et entraînent des déficits importants, qui provoquent notamment de l’ostéoporose : ses os cassent facilement, son dos part en miettes, avec des douleurs intolérables à la clé. Au début des années 1950, il doit se faire opérer à plusieurs reprises, on lui pose notamment des plaques et des vis pour maintenir sa colonne vertébrale. Il est si mal qu’il reçoit même l’extrême onction.

Pourtant JFK se relève. Il se relève même si bien qu’en 1960, il se déclare candidat démocrate à l’élection présidentielle. Il est élu le 8 novembre de la même année et devient, à 43 ans, le plus jeune président élu aux Etats-Unis. S’ensuivent trois années où JFK doit redoubler d’énergie pour mener ses différents combats, pendant que la maladie d’Addison continue de lui ronger le dos, les os et les forces. La suite est malheureusement tout aussi douloureuse …

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