Le financement des EHPAD

Par Dr François-André Allaert le 4 février 2018

Changer le financement des EHPAD

Le financement des dernières années de la vie est un enjeu majeur de notre société, pas un simple mouvement social en réaction à une réforme plus ou moins bien conçue. La nomination d’un médiateur, s’apparente à une manœuvre dilatoire en attendant que l’émoi populaire s’estompe avec le temps. La prise en charge de la grande vieillesse nécessite qu’une vraie réflexion soit engagée. Depuis la création de l’APA, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, créée sous le gouvernement Jospin, il n’y a pas eu de véritable mesure institutionnelle pour apporter des solutions viables économiquement. Cette mesure est « victime » de son succès et affecte considérablement les budgets des départements car le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître. Peut-être faut-il vraiment s’interroger sur le financement du grand âge comme on a su s’interroger il y a très longtemps sur la création d’un système de retraite. Peut-être faut-il arrêter d’intégrer le financement des EHPAD dans le budget de la santé. Peut-être faut-il créer un financement à part comme on a des cotisations d’assurance maladie et de retraites et surtout assujettir les aides sur les niveaux de revenus réels des personnes et de leurs enfants. Oui prendre en charge nos ainés coute cher mais une société qui n’assume pas ses anciens, ne mérite pas le respect. Nous aurions peut-être des leçons à prendre chez les pays soi-disant « en cours de développement » et beaucoup moins riches que nous !

 

Docteur Bien Public

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Commentaires

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  • le douaron le 7 mars 2018 à 17:11

    bonjour,
    concerné comme beaucoup par l’admission d’un parent en ehpad, nous y avons vu ce qui se dit partout en france , dans les émissions de télé et journaux, LA DÉCADENCE infernale et durable de ces organismes d’accueil de personnes âgées. dans un premier temps, j’appellerai ces établissements « mouroir » nous y rentrons avec Alzheimer et devenons vite grabataires. aux exceptions qui confirment toutes les règles, je peux presque dire que le temps de vie devient limité quand nous y sommes admis. Pourquoi ? le fric bien entendu, l’important, c’est de financer les actionnaires du privé ; cependant, ces établissements privés ont le même symptôme que dans le public PAS ASSEZ DE PERSONNEL. tout est là, dans le privé, il y a de l’animation qui n’existe quasiment pas dans le public. et pourtant, nous payions bonbon. pas assez de personnel veut dire que la personne qui ne se sera pas retenue pour aller (si elle est valide) aux toilettes, pas de problème, ils auront des couches. ça veut dire aussi, à table, l’assiette est posée, si la personne mange youpi, si elle ne mange pas….ça devient plus compliqué et du coup la personne se dénutritionne (est que l’on peut dire comme ça ? mais vous avez compris) la personne se lève, se lave, se déplace youpi. si la personne ne fait rien de ça, elle sera plus sale, elle sera levée de temps en temps et habillée si elle est levée sinon….et oui, j’ai vu deux parents (un en privé un en public) et constate actuellement la galère d’une institution.
    oui, ils font leur possible mais avec peut de moyens, l’apa baisse d’année en année, le prix d’hébergement augmente d’année en année résultat, les fonds s’épuisent et les gens meurent plus vite et aussi plus tôt. soit, pour certain, vu l’état dans lequel ils sont devenus au fil du temps, c’est une délivrance pour eux et aussi pour les familles qui malheureusement pour la plupart n’y peuvent rien.
    penser un autre financement ? oui mais au profit des résidents pas au profit des actionnaires ni au bénéfice de l’état qui d’ailleurs se préoccupe plus de leur bien être que de nous bien portant, nous personnes âgées vieillissantes et j’y associerai également les personnes handicapées qui elles aussi manquent de structure. l’état a d’autre priorité (pas ce gouvernement spécifiquement mais tous les gouvernements successifs ; d’abord eux après nous mais vraiment après)