Étiquetage nutritionnel en couleur : une bonne idée ?

Par Dr François-André Allaert le 5 mars 2016

Avec la nouvelle loi santé, l’étiquetage des produits alimentaires vont évoluer. En effet, un code couleur viendra faciliter la lecture des informations, renseignant ainsi le consommateur sur l’impact bénéfique ou non du produit sur sa santé.

La Fédération du Commerce et de la Distribution a bien voulu répondre à nos questions sur le sujet.

 

Les modalités de l’étiquetage en couleur vous paraissent-elles claires et compréhensibles pour les consommateurs ?

Emilie Tafournel, directrice qualité : Un étiquetage simplifié coloriel peut être un outil permettant d’améliorer la compréhension de l’étiquetage nutritionnel par les consommateurs mais nous pensons qu’il convient de s’assurer de sa bonne lecture par le consommateur. En effet, certaines couleurs pourraient être mal comprises et entrainer des effets non souhaités. Par exemple, la couleur rouge, qui est synonyme d’interdit, risquerait d’écarter certains produits de la consommation, ce qui n’est pas souhaitable car l’objectif est davantage d’en diminuer la fréquence de consommation. A l’inverse, certains consommateurs, dans un esprit d’opposition, pourraient décider d’en augmenter la consommation.

C’est pour cette raison que nous proposons un système basé sur des couleurs tout en excluant le rouge. Nous associons à ces couleurs une notion de fréquence et/ou de quantité pour aider le consommateur à utiliser le système en associant les différents produits alimentaires pour un régime alimentaire plus équilibré.

 

Pensez-vous qu’il y aura un impact sur le mode de consommation des personnes ? Certains aliments ne deviendraient-ils pas complétement ignorés des consommateurs ?

Emilie Tafournel : C’est le risque et c’est pour cela que le système doit être bienveillant pour ne pas médicaliser l’alimentation en faisant peur au consommateur. Ce système doit être informatif pour éviter les biais et la mauvaise compréhension.

D’autre part, nous tenons à rappeler que le système doit être accompagné d’actions de communication pour expliquer comment l’utiliser et qu’il ne se substitue pas à l’éducation des consommateurs.

L’impact souhaité est une amélioration du régime nutritionnel en augmentant la fréquence de consommation des produits les plus « bons » nutritionnellement et en diminuant la fréquence (ou la quantité de consommation) des produits moins favorables nutritionnellement. Ces derniers, qui sont souvent des aliments « plaisir » ne sont bien évidemment pas à supprimer de l’alimentation. Nous rappelons que chaque aliment trouve sa place dans une alimentation équilibrée et qu’il n’y a donc pas d’aliments à proscrire, tout est une question de fréquence et de quantité.

 
Pensez-vous que considérer certains aliments comme peu favorables à la santé pourrait faire passer sous silence d’autres apports qui eux seraient positifs ?

Emilie Tafournel : Notre système a la spécificité de classer les aliments en prenant en compte, à la fois leurs nutriments défavorables et favorables sans qu’ils ne s’annulent respectivement. Les produits sont ainsi placés en fonction de ces deux composantes sur un graphe pour en obtenir la classification en 4 groupes.

 

Pensez-vous que sélectionner des produits qui seraient bénéfiques pour la santé sur un composant donné pourrait à l’inverse engendrer un déséquilibre nutritionnel ?

Emilie Tafournel : Ne manger que des aliments de la meilleure classe pourrait en effet induire des carences (des sociologues et des nutritionnistes nous ont d’ailleurs alertés sur ce risque qui commence à apparaitre dans certaines catégories de la population qui médicalisent à outrance l’alimentation). C’est pour cela que nous insistons sur la nécessaire pédagogie autour du système et que nous associons le logo à un libellé permettant au consommateur de savoir comment associer les produits pour améliorer son alimentation.

 

 

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