BAROMÈTRE SUR LES DROITS DES MALADES

Par Yann Lecomte le 15 mars 2011

BAROMETRE LH2-CISS1 SUR LES DROITS DES MALADES : baisse de la confiance et de la satisfaction des Français à l’égard de leur système de santé

-L’impact de « l’affaire Mediator »

-Des difficultés d’accès aux soins confirmées


A l’occasion du 9e anniversaire de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, le CISS publie les résultats de son baromètre qui montre une baisse significative de la confiance des Français quant à la qualité de leur système de santé. L’actualité médiatique n’est certainement pas étrangère à cette tendance baissière, mais il faut aussi la mettre en perspective avec les difficultés rencontrées par les Français en matière d’accès aux soins.

Bien que toujours positif, le sentiment des Français sur la qualité de leur système de santé baisse dans tous les domaines d’environ 5 points en un an :

– le pourcentage de Français satisfaits quant à l’information sur leur état de santé délivrée par leur(s) médecin(s) passe de 89% à 84% ;

– des résultats exactement identiques sont obtenus quand on les questionne sur la prise en compte par leur(s) médecin(s) de leurs attentes et demandes dans les soins et traitements préconisés ;

– de la même façon on note une baisse de plus de 4 points du pourcentage de Français satisfaits de l’information délivrée sur les actions à mener en cas de problème suite à un acte de soin ;

– et leur jugement sur l’information concernant la qualité des soins qu’ils vont recevoir lorsqu’ils se rendent chez un professionnel de santé en France suit la même baisse, avec un pourcentage de personnes se déclarant « bien informées » qui passe de 84% à 79% ;

– plus frappante encore, l’estimation de l’information reçue quant au coût des soins et à leur prise en charge, déjà basse les années précédentes, passe de 58% à 53% de personnes satisfaites.


« L’affaire Mediator » a eu une influence négative sur la confiance des Français envers l’ensemble des acteurs de la santé :

– les plus affectés sont l’industrie pharmaceutique vis-à-vis de laquelle plus des 2/3 des Français s’estiment moins confiants depuis la mise à jour de l’affaire, ainsi que les institutions publiques (62%) ;

– mais sont également atteints les associations et le corps médical en général (respectivement 45% et 43% des Français le déclarent) ;

– et même leur propre médecin traitant pour 22% des Français interrogés, alors même qu’il s’agit traditionnellement d’une figure bénéficiant d’une image et d’une crédibilité presque inébranlables.


C’est pourquoi le CISS et ses associations membres vont poursuivre leur implication dans les suites qui sont données à cette affaire :

– d’abord en se battant pour une indemnisation intégrale simple rapide des victimes via la mise en place d’un fonds d’indemnisation que nous exigeons depuis le début de la révélation de ce scandale sanitaire,

– ensuite en participant à la réflexion initiée sous l’égide des pouvoirs publics pour s’assurer que nos dispositifs de pharmacovigilance et de sécurité sanitaire fassent effectivement l’objet des évolutions et réformes nécessaires révélées par cette affaire,

– enfin en se portant partie civile dans la procédure judiciaire en cours pour suivre au plus près l’identification des responsabilités et souhaiter que la confiance de tous les usagers envers leur système de santé puisse ainsi être au plus vite rétablie.


Mais leurs difficultés grandissantes d’accès aux soins doivent aussi être prises en compte pour que les Français accordent à nouveau une confiance durable à leur système de santé

– En matière de difficultés géographiques d’accès aux soins, en lien avec la mauvaise répartition des médecins sur le territoire, ils sont près des 2/3 (64,9%) à affirmer qu’il faut « encadrer l’installation des médecins pour les amener à exercer dans les zones où ils sont absents » plutôt que d’ « augmenter les aides publiques versées aux médecins pour les inciter à exercer dans les zones où ils sont absents » (32,5%).

– Et en matière de difficultés financières d’accès aux soins, les Français déclarent avoir déjà dû renoncer ou reporter des soins dans les cas suivants :

o Plus d’1 Français sur 5 à la consultation d’un médecin en raison de son coût (20% du fait des dépassements d’honoraires pratiqués et 17,1% du fait de l’obligation d’avancer le montant de la consultation).

o Près d’1 Français sur 3 à des soins dentaires (29,4%), et 1/5 à l’achat de lunettes de vue (21,7%) ou à l’achat de médicaments prescrits par le médecin mais mal remboursés (21,1%).

Des chiffres qui rappellent l’importance de continuer à agir pour que soit maintenu et amélioré notre système qui doit garantir l’accès de tous à des soins de qualité.


Pourtant, ni le gouvernement, ni le législateur, ni les partenaires sociaux n’ont pu porter de façon durable des dispositions permettant de répondre à ces difficultés auxquelles sont confrontés les usagers du système de santé dans l’exercice de leur droit à l’accès aux soins :

– suppression probable du Contrat Santé Solidarité, dans le cadre de la proposition de loi Fourcade actuellement en discussion au Sénat, qui ne visait qu’à apporter un minimum d’encadrement pour la participation de tous à l’effort commun d’une meilleure utilisation de la ressource médicale sur le territoire ;

– aucune mesure visant à limiter les dépassements d’honoraires, ni dans la loi ni dans la négociation conventionnelle, en dehors de la création d’un nouveau secteur optionnel aux contours très risqués pour les restes à charge des patients ;

– et de la même manière, rien n’a par exemple été fait pour permettre la généralisation du tiers payant chez le médecin traitant, malgré l’intérêt d’une mesure aussi simple à mettre en oeuvre pour faciliter le recours aux soins de millions d’assurés sociaux.



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Commentaires

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  • Varney Marie-Jeanne le 24 mars 2011 à 16:35

    J’ai changé de généraliste avant que n’éclate l’affaire mediator,il m’avait prescrit ce médicament par rapport aux résultats d’un bilan sanguin,en sept 2009, il a dit: le labo ne fabrique plus mediator je vais vous donner autre chose,qui était en fait un diurétique pour la tension trop élevée, je ne l’ai su qu’après,le jour où j’ai eu des vertiges! depuis aucun médicament et je vais très bien, sont ils contrôlés ces médecins qui rédigent des ordonnances juste pour faire du chiffre?

  • le douaron le 31 mars 2011 à 18:06

    ah, je n’avais pas lu cet article avant d’écrire mon message à l’attention de l’association ciss. je peux lire que les dépassements d’honoraires sont abordés. mais je ne vois pas la précision que ces dépassements existent dans le service public. c’est le plus important car, en effet, MOI, j’ai confiance en la médecine française qui m’a soignée depuis ma naissance (malformation cardiaque opérée à cinq reprises) j’ai soixante ans la dernière date de 2009 et il était temps. une précédente en 1991 ; les deux ont été pratiquées avec succès à dijon. trois autres précédentes interventions ont été faites en 1957 la première et deux autres en 1962 à six mois d’intervals. costaud le mec mais aussi chapeau aux chirurgiens pionners des années 60. à cette époque, nous ne parlions pas de dépassement d’honoraire, si ça avait été le cas, mes parents n’auraient jamais pu me faire opérer. ça, c’était le vrai social. maintenant tout fout le camp à grande vitesse eh oui, en 1991 et 2009, il m’a été demandé 5000 francs (91) et 1000 euros en 2009 la demande a même été revalorisée…comme le smic dailleurs…(humour). bien entendu, je n’ai pas accepté de verser 1 centime. de ça, je suis prêt à en parler avec les élus, avec les médecins députés, avec les associations de défense des malades. mais pas avec des gens de mauvaise fois. je conclu, si je veux payer des dépassements d’honoraire, je vais en clinique car je sais à quoi m’en tenir quoique dans le temps, nous ne parlions pas de D.d’H. de plus, maintenant plus qu’hier, le service privé régraisse niveau services (que nous n’aurions pas -si bien – disent ils en public) beaucoup d’inconditionnels de la clinique en convienne. enfin, le privé part du principe que l’on ne meure pas chez eux, aussi, lorsqu’ils ont un gros pépin, ils envoient le bébé à l’hôpital. donc, ma devise est la suivante. autant aller directement à l’hôpital car on gagne du temps en cas de problème, il n’y a pas le déplacement à risque.
    j’en ai plein comme celle là de comparaison.