La santé connectée est sans doute l’avenir de la médecine mais…

Par Christian Guillermet et Dr François-André Allaert le 5 août 2015

Oui sans hésitations possibles, les outils de santé connectés constituent un plus pour la santé des personnes depuis les systèmes de télémédecine, les objets permettant la détection des chutes des personnes âgées ou simplement tous les outils qui nous sont désormais proposés pour suivre notre poids, notre tension artérielle, la quantité d’activités physiques.

Bien d’autres encore vont apparaître dont nous n’avons pas même encore l’idée… De même je crois très intéressant que l’ensemble des éléments relatifs à la santé d’une même personne puisse être réuni tel que sont dossier médical chez son médecin traitant, son dossier hospitalier, son dossier pharmaceutique, voire même que ces éléments d’informations puissent être complétés par le patient lui-même.

Tout cela est génial mais à une condition essentielle, que ces outils ne viennent pas mettre en danger nos libertés individuelles. La face cachée de ces dispositifs est le véritable « pistage » qu’il permet des personnes. Cela a commencé d’apparaître pour les apnées du sommeil où l’appareil respiratoire comporte une puce qui indique son utilisation et si celle-ci n’est pas assez importante, alors le « vilain » patient mal observant se verra reprendre l’appareil ou sera moins remboursé. On peut étendre également le principe à d’autres domaines et un patient hypertendu, ou obèse, ou diabétique, qui ne pourra pas montrer qu’il a bien marché plus d’une heure par jour, grâce au dispositif connecté qu’il sera censé porter, pourrait un jour se voir refuser ses remboursements?

On peut imaginer également que bientôt des mutuelles privées accorderont des remises tarifaires aux « bons patients » qui accepteront d’être contrôlés électroniquement quant à la prévention de leurs facteurs de risque. Pire encore, pour le simple plaisir d’avoir ses données hébergées gratuitement et d’utiliser une application smartphone gratuite, des millions de personnes transmettent leurs informations de santé à des systèmes comme Google ou autre Apple qui les utilisent pour effectuer des profilages à des fins marketing.

Bref, pour quelques euros d’économie, les maitres des réseaux sociaux et des outils de connexion sont entrain d’arriver à faire ce que même le stalinisme n’était pas parvenu: vous mettre tous en fiche sur ce que vous  présentez de plus secret et qui risque d’être un jour ou l’autre utilisé contre vous… Il est peut-être temps de se dire qu’il y a des limites à l’angélisme et qu’il faut savoir raison garder.

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