Sauvez les pharmacies de proximité !

Par Dr François-André Allaert le 30 juin 2013

Je suis énervé, outré, fâché et surtout effrayé pour la santé des patients!

Le 12 juillet, entrera en vigueur le décret permettant la vente de quelques 4000 médicaments sans ordonnance sur l’internet, sous le fallacieux prétexte qu’ils soient liés à une pharmacie. N’avons nous pas assez de scandale sur le médicament pour prendre des risques d’une telle envergure? Bien sûr cela ne s’applique pas aux médicaments avec ordonnance mais les médicaments sans ordonnance ont aussi des contre-indications et surtout des interactions avec d’autres médicaments.

Peut-on croire que lorsque l’on commandera par internet, il y aura un pharmacien pour poser les bonnes questions sur les antécédents de la personne, et comment ira-t-il vérifier sur son dossier pharmaceutique les autres traitements qui lui ont été récemment délivrés ? Tant d’efforts pour réaliser ce dossier pharmaceutique destiné à assurer la sécurité des patients viennent de tomber à l’eau …

Mais au delà, ces systèmes vont susciter la mort des « petites » pharmacies,  celles de proximité, celles qui permettent d’avoir un conseil un peu partout en France même dans les petits villages, et qui de plus en plus, sont amenées à suppléer à la chute de la démographie médicale en zone rurale ou dans des quartiers difficiles.

N’achetez pas vos médicaments sur ces sites, boycottez les ! Dans l’intérêt de votre santé. N’oubliez pas ce qui s’est passé pour les épiceries, les boulangeries, les stations service: à force de ne pas faire travailler les structures de proximité elles disparurent.

Pour chaque produit que vous achèterez sur internet c’est à ce service de santé de proximité dont vous arracherez une pierre et c’est sur ces pierres éparses que votre santé trébuchera. J’exagère peut-être mais je suis vraiment désespéré d’un tel manque de bon sens !

Articles à découvrir...

Commentaires

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • VANDEVYVR le 30 juin 2013 à 18:03

    merci

  • VANDEVYVER le 30 juin 2013 à 18:05

    A quand une pétition que vous lanceriez

  • glifanan le 1 juillet 2013 à 10:52

    merci de ces propos pleins de bon sens ! au fou !

  • PILLON François le 4 juillet 2013 à 10:20

    Ces propos sont pleins de bon sens. le pb des pharmacies est une charge de personnel importante pour couvrir des horaires d’ouverture… Ainsi, il est préférable d’embaucher un préparateur plutot qu’un pharmacien…
    L’état ne s’est jamais engagé pour les pharmaciens (prix du médicament 4 fois moins cher qu’en Suisse, déremboursement,…)et considère le médicament comme la seule variable d’justement du système de santé. Il y a d’autres solutions…

  • Raphaël POITTEVIN le 4 juillet 2013 à 11:33

    Je ne sais pas exactement quels sont les médicament qui seront disponibles sur Internet.
    Mais il me semble (peut-être me trompes-je) que l’on peut déjà les acheter en pharmacie sans montrer sa carte vitale, ruinant ainsi les efforts pour créer ce « dossier pharmaceutique » (dont je ne connaissais pas l’éxistance, puisque aucun pharmacien ne semble connaître quoi que ce soit à propos de ma santé).

    Et je ne pense pas que toutes les questions (ancédents, contre indications) soient posées systématiquement à l’acheteur. Peut etre que certains pharmaciens le font, mais est-ce systématique? Le simple concepte de « sans ordonnance » prévoie déjà que « le client est roi ». Et qu’il devient donc décideur de sa propre santé.

    Reste à espérer que le client saura se renseigner et fera attention comme il doit déjà le faire.

    Pour ce qui est de la disparition des commerces de proximité, c’est une autre histoire. Je pense que la concurrence des prix et du choix existe déjà. Entre les grandes pharmacies (voir même parapharmacies) des grandes villes et les petites pharmacie de campagnes.

    Le problème est bien évidement cette volontée de toujours acheter moins chère. Mais on est aussi face à une évolution des offres et des demandes.

    Malgré tout, je pense que les pharmacies auront encore leurs places, surtout pour les médicaments avec ordonnances.

    Encore une dernière pensée, dans les autres pays, même si les reférenciels sont très différents, la santé n’y est pas forcément moins bonne, malgré les médicaments en libre service dans les supermarchés.

  • elie le 1 août 2013 à 17:26

    Merci pour cette article !

  • le douaron le 13 janvier 2017 à 9:01

    bonjour, pauvre pharmaciens !!! quand on sait qu’ils perçoivent depuis le 1er janvier 2015 des honoraires de « dépensation » pris sur la baisse « partiel et non conséquent » des prix des médicaments au profit des génériques qui pour certain coûtent le même prix que les préceptes ou sont plus cher car conditionnés en quantité moindre à l’unité ou en quantité. exemple : générique cardensiel 1,25 précepte boite 90 existe en générique d’un laboratoire les boites ne sont qu’en 30. un sirop en précepte en 250 ml en générique 200 ml. cependant, avec des connaissances et du temps et un esprit de combattant, nous patients pouvons imposer aux pharmacies d’avoir les médicaments génériques du laboratoire qui fournit les quantités égales aux préceptes. je peux aussi affirmer que si nous ne connaissons pas les conditionnements des médicaments : 28 30 90 le pharmacien vous donnera automatiquement le conditionnement le plus faible même si votre ordonnance stipule qu’il vous faudra 90 comprimés par mois. (toujours exemple cardensiel 1,25). bien entendu, comme dans toutes les catégories de profession, il y a des honnêtes et des profiteurs. je ne parle pas des produits à vente libre….les écarts sont considérables en région dijonnaise.