Télésurveillance : éliminer les mauvais patients ?

Par Dr François-André Allaert le 24 novembre 2013

J’ai toujours été un fervent défenseur de la télémédecine tant pour assurer un accès aux soins à des personnes vivant dans des zones désertifiées sur le plan médical que pour assurer un suivi régulier des patients permettant une meilleur prise en charge. Par contre, une étape vient d’être franchie par un arrêté du ministère de la santé et du budget  qui conditionne la prise en charge d’un traitement à son utilisation suffisamment régulière.

En l’occurrence, il s’agit des masques respiratoires à pression positive que doivent porter au cours de la nuit les patients présentant des apnées du sommeil. Le dispositif prévoit qu’il comporte des puces électroniques permettant de savoir si le masque est porté la nuit et si oui,  combien de temps. Et si la personne n’est pas suffisamment observante du port du masque elle pourrait se voire priver de son « remboursement ». Dans le principe on peut trouver cela bien, mais attention avant de se réjouir car si on généralise le dispositif au traitement de l’hypertension, du cholestérol, du diabète ou à la prévention,  le nombre de personnes concernées risque de croître exponentiellement!

J’imagine bien le dialogue du tribunal de l’assurance maladie face aux Robespierre de l’économie de santé « Vous n’avez pas bien pris votre médicament, alors on ne vous le rembourse plus. Mais je risque d’en mourir ! répondra le patient et la sentence tombera : vous en êtes à la deuxième récidive, il fallait y réfléchir avant!  En plus vous avez fumé durant 3 ans et vous avez un poids trop important au mépris des règles d’hygiène de vie. Vous n’avez aucune circonstance atténuante et êtes banni de l’assurance maladie jusqu’à ce que mort s’en suive». La prévention par la terreur !

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