Notation des hôpitaux: ajouter aussi l’humanité des soins!

Par Dr François-André Allaert le 16 avril 2017

Régulièrement, les hôpitaux de France sont classés par les magazines tandis qu’immédiatement, directeurs d’hôpitaux et Maires des agglomérations ne tarissent pas d‘éloges sur leur bons classements, du moins pour ceux qui sont bien classés…

La démarche initiale est bonne mais elle a sincèrement ses limites. La première est qu’elle ne concerne qu’un nombre limité d’hôpitaux et en tout premier lieux, ceux situés dans les grandes villes et qui même s’ils crient misère (avec raison) sur les budgets qui leurs sont alloués, sont bien mieux dotés que les hôpitaux des sous préfectures en voie de désertification démographique.

La seconde limite est que les critères retenus sont essentiellement des critères de productivité, d’efficacité technique et de moyens qui tiennent peu compte des bienfaits perçus par les patients. C’est dans cette optique que la très fameuse faculté de Harvard  propose de mettre en œuvre de nouveaux modèles d’évaluation et de notation des hôpitaux qui ne tiennent pas uniquement compte de la performance technique et de la rentabilité mais également de la satisfaction et notamment de la dimension humaine de la relation des soins: confort, accompagnement psychologique, isolement, écoute, accompagnement post hospitalisation.

C’est vrai qu’à force de vouloir rationaliser et être au top de la performance technique on oublie peut-être que l’hôpital n’est pas un super atelier de réparation des corps en souffrance mais un lieu d’humanité qui soigne aussi des âmes en souffrance.

Articles à découvrir...

Commentaires

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • le douaron le 20 avril 2017 à 18:01

    bonjour,
    le classement des hôpitaux c’est comme le classement des établissements scolaires.
    ça ne flatte que les élus locaux qui en sont administrateurs. ça fait toujours bien de lire ou d’entendre dire que
    tel ou tel hôpital est bien classé. seulement, comment être bien classé quand les dirigeants ont un souci de rentabilité dans les hôpitaux ? ça n’est pas les élus et dirigeants qui sont en attente d’admission faute de lits disponible. ça n’est pas eux non plus qui ne seront pas soignés à temps car pour eux ils ont tout de disponible ; personnel, chambre, grand médecin (ce qui voudrait dire que les autres sont rien). voilà où nous en sommes en France, démolir le service public à fond et classer les dits établissement en nous faisant penser qu’ils sont les meilleurs alors qu’ils ne sont que bien. nous sommes secourus dans tous les établissements convenablement mais ça n’est pas grâce à eux qui casse à tout va le système de santé.

  • YVRAY le 22 avril 2017 à 6:53

    Tout a fait d’accord avec les observations du Dr ALLAERT et je reste convaincu du rôle (méconnu) des représentants d’usagers qui siègent dans les établissements. La loi nous donne certains pouvoir pour faire bouger les choses dans la prise en charge, technique bien sur, mais aussi psychologique des patients.
    A nous d’agir