Diabète et hypertension: toujours plus de décès

Par Dr François-André Allaert le 6 février 2017

Diabète et hypertension, des poisons insidieux

Un article paru dans le Lancet(1), la plus célèbre revue médicale du monde,  a démontré formellement le rôle majeur que jouaient quatre facteurs de risque « cardiométaboliques »: l’hypertension artérielle, le surpoids/obésité, le diabète, et l’hypercholestérolémie dans la mortalité mondiale. Ils seraient responsables à eux seuls de plus de 60% des décès mondiaux causés par les pathologies cardiovasculaires.

Loin  d’être maîtrisée, l’action de ces quatre facteurs de risque continue de croître car ils sont mal contrôlés dans notre population. La raison? Ils ne sont pas douloureux et ne font vraiment parler d’eux que lorsqu’ils ont occasionné des dégâts irréparables dans notre organisme, d’où leur surnom de « tueurs silencieux » !

Une mortalité toujours plus importante

Les chiffres sont impressionnants : entre 1980 et 2010, la mortalité liée au surpoids et au diabète a presque doublé. En 2010, les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale et le diabète, ont été responsables de 17.6 millions de morts dans le monde ce qui correspond à 33% de l’ensemble de la mortalité mondiale évaluée à 52.8 millions. L’hypertension artérielle a été responsable à elle seule de plus de 40% des décès d’origine cardiovasculaire.  Le surpoids et le diabète ont été chacun responsables de 15% de ces décès et l’hypercholestérolémie a été responsable d’un peu plus de 10% de ces décès soit 2 millions de personnes.  63% de ces décès liés aux maladies chroniques sont attribuables à l’effet combiné de ces quatre facteurs de risque, ce qui représente 10.8 millions de morts avec autant d’hommes (5.5 millions) que de femmes (5.3 millions). Et ce ne sont que quelques uns des chiffres qui montrent le danger de ces tueurs silencieux…

La France n’est pas épargnée par cette surmortalité, malgré les efforts déjà réalisés en matière de sensibilisation des personnes et l’action notamment des associations de patients, comme les associations de diabétiques, qui organisent des séances de dépistage auprès du grand public. Il reste cependant beaucoup à faire et notamment en matière d’hypertension…

La nécessité de prévenir et dépister

Le profil du patient le plus à risque est sans doute, l’homme mais aussi la femme, de plus de 45 ans, qui « va bien », et qui donc ne consulte  jamais son médecin. Ce sont ces personnes qui doivent être ciblées par les campagnes de dépistage et que j’invite à aller consulter, pour faire une mesure de leur hypertension, un contrôle de leur glycémie et de leurs paramètres lipidiques, et ce d’autant plus si elles ont un peu d’excès de poids ou si elles sont fumeuses.

Ce sont elles qui risquent brusquement de faire un infarctus majeur ou un accident vasculaire lourd de séquelles qui aurait pu être évité si leurs facteurs de risque avaient été contrôles.  Ce sont ces personnes dont on dit après coup : « elle est morte, pourtant elle était en pleine forme…. »

Alors si vous êtes dans ces profils de personnes, n’hésitez pas : allez consulter votre médecin ou profitez des bilans que vous propose l’assurance maladie.  Faites le pour vous mais aussi pour vos proches car ce sont eux qui auront de la peine ou qui vous accompagneront lorsque la maladie vous aura affaiblie. Faites le aussi dans un esprit citoyen : prises en charge à temps, ces maladies, non seulement vous affecterons moins, mais couteront aussi moins cher à l’Assurance maladie.

Une demi-heure de votre temps pour vivre 10 ans de plus en meilleure santé, cela ne se refuse pas !

(1) http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(14)70102-0/abstract

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